VOEU D'INHUMATION
Si ce n'est à Veyrier, c'est ici que mes os,
C’est ici, beau jardin des amours et des plantes,
C’est ici que mes os, sous tes ombres parlantes
Aimeraient à jouir de l’éternel repos !..
Mais si mon âme à Dieu si tôt doit s’aller rendre,
Trop chétif est mon corps pour en jeter la cendre
Au sol que le génie a cent fois consacré :
Soit que la mort retarde ou qu’elle soit prochaine,
J’ai l’espoir consolant de me voir enterré
Près des flots que le Thioux* aux eaux du Fier enchaîne,
Ou, sinon, sur les bords de ce divin Léman
Où mon premier amour est déjà grand’maman.
Nyace O’Bill, in La Veilleuse, petit poème archidélirique, 1870, Ed. à Annecy chez J. Dépollier
* orthographe du texte d'origine
1. arielle Le 02/02/2008 à 22:25