LE PORT DE DUINGT

 

Le bateau est entré à Duingt

Ainsi qu’un couteau dans un pain.

 

Le petit port est une cage

Où crient des baigneurs à la nage.

 

La passerelle, à peine mise,

Plie sous les nombreuses valises

 

Des passagers qui, aussitôt,

S’égaillent comme des moineaux.

 

Les gamins courent tels des cartes

Soudain dispersées sous les arbres.

 

Sirènes, cris, moteurs, bonsoir.

Le bateau repart vers Talloires

 

Laissant le petit port de Duingt

A ses baigneurs et à leurs chiens.

 

 

Maurice Carême, Sac à dos, in Revue Savoisienne, 2007. © Fondation Maurice Carême. Poème rédigé le 23 août 1976.

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Dernière mise à jour de cette page le 25/05/2009