LA TOURNETTE

 

 

Sous un ciel embué, bleuté comme un pastel

Où sommeille l’azur éthéré d’un saphir,

La Tournette dressait, gigantesque menhir,

Le dôme gracieux de son pic éternel.

 

Tendant vers le ciel clair, puissant comme un appel,

Son belvédère gris qui semble épanouir

Ses ailes de rocs durs, graves et solennels,

Elle chante la force et crie à l’avenir.

 

Au-dessous, dévalant le long des rudes pentes,

S’arrêtent les forêts de sapins et les sentes

Glissent leurs longs lacets de mousse et de rocailles.

 

Plus bas, venant border de ses flots diaprés

Les éboulis crayeux et la fraîcheur des prés,

Le lac bleu songe au bruit si lointain des sonnailles.  

 

 

Oscar David, in Paysages d’Annecy, Imprimerie commerciale, 1926.

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Dernière mise à jour de cette page le 12/06/2009