Les lapiaz du Parmelan - Poème de Georges Martin

LES LAPIAZ DU PARMELAN

Sans fin, les lapiaz aux surfaces meurtries,
Sur le sommet désert étalent tristement
Leurs assises de roc où parallèlement
L'eau du ciel goutte à goutte a buriné ses stries.

Quelques rares sapins aux ramures flétries
Entre les blocs se sont dressés péniblement ;
Mais ils n'ont pas grandi dans le sol inclément,
Forçats des pics, rêvant de plus douces patries.

Tel, entre ses rochers amoncelés, le val
De Josaphat étend son plateau sépulcral
Où s'arrête impuissant le vol de la tempête ;

Si triste, si lugubre et si morne est ce lieu
Qu'on croirait par moments entendre la trompette
Qui convoque les morts au tribunal de Dieu.

Georges Martin, poème rédigé en juillet 1892, in Carnets de poésie conservés à la bibliothèque d'agglomération Bonlieu (Annecy).

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