Les deux fontaines - Poème d'un idéaliste

Il s’agit ici d’une conversation imaginaire entre la fontaine des éléphants de Chambéry et la fontaine aux lions et tortues d’Annecy :

 

 

LES DEUX FONTAINES

 

« - Pourquoi donc, sur vos carapaces,

« Pèse cet informe granit,

« Dont la borne monte au zénith ;

« O ! du Thioux lentes limaces !… »

 

« - Et vous ! fiers éléphants d’airain !

« Dont l’orgueil nous toise et nous raille ;

« Dites-nous donc quelle bataille

« Emporta votre arrière train ? »

 

Et les éléphants, aux tortues,

Qui, tristes, gisent abattues,

Refrénant leur fougueux essor,

Sous cette borne de Louqsor :

« - Nous rentrons sous notre colonne

« Comme les tuyaux d’un trombone,

« De peur que le tremblant château

« Que fuit, sur le Thioux, le bateau

« Et qui tient la truite en extase,

« Tombe sur nous et nous écrase ! »

 

Et les quatre batraciens,

Que gardent quatre lions-chiens,

Dirent, de leur gueule entr’ouverte :

« - Nous menions, comme le soleil,

« Le char des dieux en leur conseil,

« Trop vite, hélas ! pour notre perte !

« Lorsque Jupiter vint, jaloux,

« Nous foudroyer aux bords du Thioux. »

 

 

Signé : Un idéaliste, in L’industriel savoisien, journal du 17 juin 1882.

Commentaires (2)

1. pelletier 29/05/2010

on ne comprends pas trop

2. Guillaume (site web) 02/06/2010

Pour bien comprendre ce poème, il est préférable de voir les fontaines d'Annecy et de Chambéry (en photo sur internet ou de visu). A travers ce dialogue en vers, on devine la rivalité historique des 2 villes savoyardes qui appartenaient déjà à 2 départements distincts en 1882.

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