Les cloches - Poèmes d'Ephise Simond

LES CLOCHES


 Aux travailleurs de la fonderie Paccard*


Le métal de la cloche en fusion s'écoule,

Comme un ruisseau de feu, se fige dans un moule,

Est poli, se transforme aux mains des travailleurs,

Et chante dans les airs la joie et les douleurs.

Vibrations d'airain, vous célébrez encore

Ouvriers et patrons de votre voix sonore !

Unissant la pensée aux bras laborieux,

Ils donnent au métal un timbre harmonieux ;

Par un travail commun la matière s'anime

Et les cœurs sont fondus dans un accord intime. 

 

Le 28 mai 1891. 

 

 

 A la savoyarde


Savoyarde!... bourdon géant, unique en France,

Redondant et mélodieux !

Va porter à Paris ta sonore éloquence

Et les échos harmonieux

De la Savoie, où l'art t'a donné la puissance

Des monts s'élançant vers les cieux !

 

 

Ephise Simond, in Poésies annéciennes, voix alpestres, 1895, Ed. chez l'auteur. 

 

 

 * Célèbre fonderie de cloches du bassin annécien, transférée de Quintal à Annecy-le-Vieux en 1857 et désormais installée à Sevrier.

C'est à la fonderie Paccard que fut coulée, le 13 mai 1891, la Savoyarde bourdon destiné à la basilique de Montmartre à Paris. Son poids avec tous ses accessoires atteignait 24500 Kg ; son diamêtre : 3,03 m ; sa hauteur : 3,6 m. Par temps clair et sans vent, le son pouvait être perçu dans un rayon de 14 km.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau