Le Salève - Poème d'Ephise Simon

 

LE SALEVE

Le Salève, Sylvain dépouillé de ses bois,

Ecartant, d'un côté, les confins Genevois,

Baigne ses pieds dans l'Arve, et longuement dessine,

D'Etrembière à Cruseille, une bleuâtre échine.

La Borne, un de ses bras, avance ses rameaux

Entre l'Arve et le Fier, en répartit tes eaux,

Touche au midi Thorens, au nord Reignier, la Roche,

Et son extrémité de Bonneville est proche.

Entre Saint-Julien et Frangy, l'autre bras,

Le Mont-Sion s'élève; il descend au Malpas.

Les Usses, de Cruseille, en aval de leur source,

A travers les ravins y poursuivent leur course.

Et la tête?... Elle manque... à moins qu'un spectateur

N'en trouve à Mandallaz la place et la hauteur.

La rivière, en coulant, tranchante comme un glaive,

A d'un chef sourcilleux séparé le Salève.

La section dénude un abîme profond

Que franchit, à la Caille, un admirable pont,

Diadème royal d'une Ondine thermale*.

A l'élévation sa longueur semble égale.

Sans arceaux ni piliers, par des cables en fer

Sa légère ossature est suspendue en l'air.

Cruseille, sur le col où finit le Salève,

Partage d'Annecy la distance à Genève,

Genève, la cité du lac voluptueux,

Annecy, la cité d'un lac plus montagneux.

 

 

Ephise Simond, in Poésies annéciennes : voix alpestres, Ed. chez l'auteur, 1895

 

* Référence aux anciens thermes de la Caille situés sous le pont Charles-Albert (haut. 147 m., long. 192 m.)

 

 

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