Le Fier, près du pont de Saint-Clair - Texte poétique d'Eugène Sue


LE FIER, PRÈS DU PONT DE SAINT-CLAIR

... à une extrême profondeur, le torrent limoneux tonnait au milieu des roches qui obstruent son lit ; c'étaient des bouillonnements, des tourbillons, des ruissellements d'une rapidité à donner le vertige... un fracas à assourdir ! Les vagues gonflées, pressées, refoulées par les obstacles, tournoyaient, bondissaient, se creusaient, se dressaient, revenant et se tordant sur elles-mêmes dans les courants les plus violemment contraires, au milieu de flots d'écume jaunâtre qui se brisaient sur les blocs à demi-submergés ; une créature humaine, précipitée dans ce gouffre, au milieu d'ondes furieuses, fouettant, ébranlant des pierres énormes, n'eut pas été noyée, mais broyée, mais mise en lambeaux de chair et d'os...

 

Eugène Sue, extrait de La marquise Cornélia d'Alfi ou le lac d'Annecy et ses environs, Ed. R. Saillet, 1852

 

 

 

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