En allant à Sainte-Catherine - Poème de Madeleine Martin

EN ALLANT A SAINTE CATHERINE

 

 

A mon ami M. Louis Maigron,

 

 

Et ces voix étouffées

Qui chantent dans les eaux,

Sont les blondes fées…

Lied de Schubert.

 

En bas de la montagne il est une eau dormante

Au fond d’un trou rocheux. La source murmurante

Avec un sourd glouglou s’enfuit on ne sait où,

Et le bruit étouffé monte plaintif et doux.

Au fond du trou rocheux se mire le mystère

D’une porte toujours close, et c’est là qu’enfant

J’entendis Leurs soupirs. Que de fois, m’arrêtant,

Naïve, j’écoutais la source prisonnière !

Les ronces, les rochers en défendent l’abord.

Les invisibles eaux de la source captée

Chuchotent et s’en vont. Et dans le trou s’endort

Le reflet assombri de la porte fermée.

 

Au fond du frais vallon le ruisseau étourdi

Jase sous les halliers, et ses eaux paresseuses

S’attardent dans les prés. Mais soudain il bondit

A travers la forêt : ses eaux insoucieuses

Précipitent leur cours vers le but inconnu ;

En clarté jaillissante il s’enfuit éperdu.

 

Lorsque j’étais l’enfant candide et étonnée,

Lorsque je m’en allais par les clairs renouveaux,

J’entendais dans vos flots chanter les blondes Fées,

Espérant entrevoir Leurs Formes sur les eaux.

Je suivais le ruisseau et j’écoutais la source…

 

Toujours dans le forêt le ruisseau prend sa course,

Et aux mêmes écueils a les mêmes remous.

Avec un gai murmure, avec un sourd glouglou,

Le ruisseau et la source ont emporté mes rêves :

Je n’entends plus Vos chants monter berceurs et doux

Du murmure trompeur de l’eau qui fuit sans trêve.

 

 

Madeleine Martin, in Premiers vers, Ed. à Annecy, imp. Dépollier. 1915. Poème rédigé le 20 mars 1913.

Commentaires (2)

1. valentin 24/11/2010

il na pas de rapore avec la saint caterine

2. Guillaume (site web) 24/11/2010

En effet Valentin, il n'y a pas de rapport avec la fête de la Sainte-Catherine.
Il s'agit ici d'un lieu situé près d'Annecy.

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