Annecy vue par les savants

 

Dans une gerbe de montagnes aux cimes barbelées de bois, de vignes et d’aiguilles de pierre (…) le lac s’épanouit, bleu comme le ciel, vert comme les prés.

Que le brouillard léger du matin les voile, que le plein soleil en éclaire la splendeur, que le soir les revête d’une gaze de feu, que le flot s’endorme ou que le vent murmure, toujours sur ces doux rivages habite la paix.

Louis Veuillot (1813-1883)


Mon lac est bleu comme une pervenche ; les herbes des prairies sont hautes de deux pieds, et les oiseaux chantent à plein gosier autour de moi.

Hippolyte Taine (1828-1893), extrait d’une correspondance.


En 1865, par un beau mois de septembre, je me trouvai à Annecy, travaillant comme toujours. Mais vers dix heures, la matinée était si douce, plus moyen de travailler. Nous allâmes nous asseoir au lac, sous un fort beau saule, vieux, qui rappelle que le jardin public était un marécage en face de l’agréable Albigny… Il y a dit-on peu de fièvres, mais quelque chose de doux, de mou qui vous ralentit. Et l’âme aussi ne se sent que trop de ces molles douceurs…


Jules Michelet (1798-1874)



 

 

L’eau, dans son épaisseur, paraît d’un bleu magnifique. Cette teinte d’une grande pureté, virant parfois du bleu profond de gentiane, en passant par le myosotis, vers la turquoise, se perçoit particulièrement dans nos lacs savoyards en se penchant, du côté opposé au soleil, sur le bord d’un bateau à vapeur dont la masse agit comme un écran.

Marc Le Roux (1854-1933), conservateur du musée d’Annecy, in Le bleu du lac, article paru en 1922. 

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